
Perdre une cinquantaine de cheveux par jour est un phénomène parfaitement normal. Mais lorsque la chute s'intensifie, se localise ou se prolonge, elle peut révéler une cause qui mérite une évaluation dermatologique.
Chute de cheveux normale ou pathologique ?
Le cycle capillaire comporte naturellement une phase de chute : c'est ce qui permet le renouvellement du cheveu. Cette chute devient un motif de consultation lorsqu'elle est :
- plus abondante que d'habitude et prolongée sur plusieurs semaines ;
- localisée (plaques, golfes frontaux, raie qui s'élargit) plutôt que diffuse ;
- accompagnée de démangeaisons, de rougeurs ou de squames du cuir chevelu ;
- source d'une inquiétude visible à l'œil nu sur la densité capillaire.
Les principales causes de chute de cheveux
La chute saisonnière
Fréquente au printemps et à l'automne, cette chute réactionnelle est généralement transitoire et se résorbe spontanément en quelques semaines à quelques mois.
L'alopécie androgénétique
C'est la cause la plus fréquente de chute chronique, chez l'homme comme chez la femme. Elle se traduit par un dégarnissement progressif, souvent frontal et temporal chez l'homme, plus diffus chez la femme, sous l'influence de facteurs hormonaux et génétiques.
L'effluvium télogène
Cette chute diffuse peut survenir 2 à 3 mois après un événement déclencheur : stress important, accouchement, fièvre élevée, intervention chirurgicale, carence (fer, vitamines) ou arrêt de certains traitements. Elle est le plus souvent réversible une fois la cause identifiée et corrigée.
La pelade
Il s'agit d'une chute localisée, en plaques bien délimitées, d'origine auto-immune. Elle nécessite une prise en charge dermatologique spécifique.
Les causes liées au cuir chevelu
Certaines pathologies du cuir chevelu (mycoses, dermatite séborrhéique, psoriasis) peuvent également favoriser la chute de cheveux et doivent être traitées spécifiquement.
Comment se déroule la consultation ?
L'examen commence par un interrogatoire précis (ancienneté, mode d'installation, antécédents, traitements en cours) suivi d'un examen du cuir chevelu, parfois complété par une dermoscopie du cuir chevelu (trichoscopie). Cet examen non invasif permet d'observer la densité, le calibre des cheveux et l'état des follicules, et d'orienter précisément le diagnostic.
Un bilan biologique est parfois prescrit pour rechercher une cause carentielle ou hormonale associée.
Quelles options de traitement ?
La prise en charge dépend entièrement de la cause identifiée :
- traitement de la cause sous-jacente (carence, dérèglement hormonal, pathologie du cuir chevelu) ;
- traitements locaux ou oraux ciblant l'alopécie androgénétique ;
- protocoles de mésothérapie ou PRP, qui visent à stimuler le follicule pileux et améliorer la densité capillaire.
Ces traitements demandent de la patience : le cycle capillaire s'étale sur plusieurs mois, et les premiers résultats ne sont généralement visibles qu'après 3 à 6 mois de prise en charge régulière.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter en dermatologie médicale si la chute persiste au-delà de trois mois, si elle est localisée en plaques, ou si elle s'accompagne d'autres symptômes du cuir chevelu. Un diagnostic précoce permet souvent une prise en charge plus simple et plus efficace.
Cet article a un objectif informatif et ne remplace pas une consultation médicale personnalisée.